30 avril 2008
Vives les weekends prolongés de mai, à bas la pénitence
Ce weekend, je pars. Ce soir en fait. Je vais voir ma grand-mère et me mettre au vert (un peu).
C'est cool. Mais je suis une grosse feignasse : alors même que je bosse encore, je ne fais pas grand-chose, ou du moins j'ai juste envie de ne plus y être, de profiter du soleil, de l'air frais de ma mer, et tout.
Je n'ai pas vu la mer depuis un bail. Je ne sais même plus quand. Si, vaguement à Pornic, mais ce n'était pas MA mer. Ma mer à moi c'est un peu d'eau dans une baie peu profonde, où les vents ne soufflent pas souvent très fort. Il y fait fraîchouille mais elle est bordée de grandes plages où viennent squatter les parisiens l'été. Des bonnes familles à La Baule, et des mauvaises familles au Pouliguen et à Pornichet.
Ma mer à moi commence au Pouliguen. Une grande baraque qui sent un peu l'humide quand on y va au Printemps, où le sable traine d'un été à l'autre, soigneusement ramené petit tas par petit tas par les moutards de la famille. On y piquait les jeux oubliés par untel, on y oubliait les siens et ne les revoyait que pouic. Et puis la journée, même si on s'emmerdait sec, on allait le faire sur la plage, sans les adultes. Bref. J'espère quand même malgré les arrangements d'héritages qui se sont noués, que je pourrai un jour faire de ma mer celle de mes moutards à moi...
En attendant, je souris, c'est (presque) l'été (clic-clac Kodak).
22 avril 2008
L'histoire sans fin
"Bon, qu'est-ce qu'on peut faire pour optimiser ton travail ? "
"Peut-être que tu pourrais mieux t'organiser en utilisant Aotlouque ? "
"C'est vraiment une expérience intéressante, [...] c'est un métier qui me plaît "
"Bien sûr, je vais m'empresser d'utiliser Aotlouque "
Ça y est: Je me dégoûte. Reste le plâtre.
25 mars 2008
All inclusive
Je viens de descendre un paquet de schtroumpfs. j'ai un peu mal au cœur mais la satisfaction de m'être envoyé frénétiquement des morceaux de caoutchouc mous dans la bouche. Il est assez tôt et je n'ai pas envie de faire grand chose. J'ai déjà passé suffisamment de temps sur Facebook.
Je ne vais pas partir bien tard. Prendre le tromé et rentrer à la casbah. pour continuer à ne rien faire. J'espère qu'il y aura encore Naruto ou Nana à la télé. C'est pas ce soir que je vais bouquiner ...
Comme ça fait des jours, des semaines, des mois en fait qu'on passe notre temps à bouffer-picoler avec Bichette, on va peut-être réussir à se donner bonne conscience et à bouffer de la soupe en tétrapak. Heureusement que les beaux jours arrivent : on va pouvoir recommencer à offrir de magnifiques marges sur les salades aux distributeurs.
Juste pour le plaisir du vice, le calcul : achat de la salade au producteur = 10cts. Revente de la salade au consommateur final = 1,75€. Admettons que ma salade coûte plus en transport que son prix d'achat, ne serait-ce que 5 fois plus, soit 50cts. On obtient : 50+10 = 60cts. +20% de TVA = 60x1,20= 72cts. Les gens autour, le coût de l'exposition en grande surface ramené à ma salade : 72+50 = 1,22€
53cts de marge par salade. Et je n'y connais rien. Je suspecte fortement les coûts d'être bien inférieurs.
C'est un peu gerbant parce que ça fait crever les paysans, mais elle sera super-bonne ma salade cet été. Surtout avec du thon teriaki ! Des bons aliments, bien sains ! Peut-être que le commerce équitable devrait commencer en France.
Je commence à sombrer dans la boboïsation. C'est probablement que je n'ai plus grand chose à dire. Chaque jour je m'épate un peu plus d'évidences. Je ne sais pas si c'est le manque d'activité intellectuelle, mes positions gauchisantes ou mon déclin naturel qui commence, mes neurones qui claquent comme de vieilles ampoules par milliers. Je me révolte doucement dans mon salon et s'il y avait un napperon sur la télé je le remettrais en place. Je ne voyage toujours pas, je m'en fais toujours pour un oui ou un non sans chercher à vivre au présent, sauf lorsque je vais me bourrer la gueule au restau avec les copains. Attention, on n'est pas des alcos : on picole que du moyen, pas du mauvais.
Tout ça je le détestais petit et ado. Je le méprise plus ou moins aujourd'hui mais j'y trouve un certain confort. La médiocrité est confortable. "Par rapport à qui ? Qui te trouve médiocre ?" Personne. Moi. Mes vieilles aspirations. Mes vieilles ambitions qui reviennent user ce qui reste à user.
Comme je n'ai plus rien à dire, plus rien à révolter, comme plus grand chose ne me révolte, je n'ai plus grand chose à écrire qui ne soit pas banal. C'est ce que je déteste le plus. " Ouh la la, je détesteu dreulement êtreu banal ! La banalité, c'est nuuuuuul ! "
Paradoxalement j'en arrive à trouver ridicule de chercher des choses contre lesquelles s'élever. J'accepte. Mes ambitions veulent détester pour exister. Je regrette juste de ne plus en avoir.
20 mars 2008
Rions un pneu
Un peu de bonheur en boîte.
14 mars 2008
Que croyez-vous ?
Que j'allais vous laisser tranquille ?! Que je ne viendrais pas vous emmerder avec mes spleens à deux balles ?! Que j'allais écrire sur tout le bonheur du monde, que ça au moins ça serait original ? Non. Je n'ai pas cette originalité là. D'ailleurs, de l'originalité j'en ai de moins en moins. Plus vraiment de conviction non plus. Vaguement de gauche, toujours à rêver encore et encore de trucs impossibles. Le bonheur sur terre: même pas. Juste le mien. Sans rien savoir vraiment de comment l'atteindre. Ce serait quoi mon bonheur ? Ne pas être emmerdé, ne pas devoir rendre de compte, qu'on m'aime quand même, avoir du blé, un chat, un appartement décent. La décence, ça, je m'y connais moins bien. D'aucuns diraient que je ne le suis pas, à me plaindre tout le temps alors que ma vie n'est pas désagréable, alors même que je n'ai pas fait grand chose pour la mériter. Mais bon. Je suis insatisfait. Je voulais, voudrais encore être une star, un reconnu. Pas pour l'argent, je suis encore suffisamment romantique (trop). Pour me sentir chez moi. Partout. Pour vaincre ce qui me pousse à craindre les gens, tous.
J'ai rêvé bizarrement cette nuit. C'est peut-être le printemps qui revient. J'étais sur la terrasse de la baraque de ma grand-mère, au Pouliguen. Une belle baraque, "front de mer", deux étages et un rez-de-chaussée. Sur la terrasse, au deuxième avec mon paternel, et la marée était très haute, si haute qu'il y avait la mer jusqu'à la terrasse. Et je disais à mon père que ça tombait bien, parce que j'avais toujours rêvé de plonger de cette terrasse. La terrasse faut que je vous la remette : elle est grande, carrée, et il y a une pièce avec des grandes baies vitrées en long. Quand on y dort, on se fait réveiller par le soleil, plein la gueule, dès potron-minet. On y entend rien que la mer et les gamins. Et là mon père me dit que j'en rêvais de me jeter - et c'était vrai - pour le punir de n'être pas resté avec ma mère.
Comme c'est un rêve, je ne peux pas engueuler mon père, lui dire que ce sont des conneries. Mon père dans mon rêve, c'est forcément une partie de moi dans le réel. Alors je me suis fait une révélation ? Peut-être. C'est d'autant plus curieux que je dois voir mon père d'ici peu. J'avais prévu de lui déballer mon sac, de lui raconter ma vie parce qu'il ne l'avait jamais entendue. Contrairement à vous, presque tous. Alors quoi ? Je vais lui raconter ça aussi ? Je pense. Mais tout ce ressentiment qui me bouffe depuis des années, ça serait ma faute à moi ? Je me prépare depuis longtemps à lui en mettre plein la gueule et d'un coup, je me rends compte qu'il n'y a joué qu'un rôle mineur ? Je crois quand même qu'il faut que je lui dise.
Mais si je n'ai plus de haine, qu'est-ce qui va me pousser ? La nécessité ? L'ambition personnelle ? Je parle à des gens qui m'ont connu il y a longtemps, qui me trouvent plus sympa, plus gentil, qui se dise qu'en vieillissant, j'ai changé, je me suis modéré. Ils se disent que je suis intelligent et que j'ai de l'ambition. C'est faux. Mon ambition d'autrefois s'est évaporée, peu à peu, avec mes problèmes. Je voulais monter, haut, pour me venger, pour leur montrer, à mon père, ma mère, à tous, ce dont j'étais capable. Ça me sert à quoi maintenant ? Je n'en veux plus à grand monde, je n'ai plus vraiment d'ambition, je ne sais plus vraiment de quoi je suis capable et j'ai juste peur de merdouiller toute ma vie. Fini la haine, place à la peur : être père, faire vivre une famille, donner l'exemple ... Avec toujours mes névroses : faire moins bien que les autres. Moins d'argent, gagné ou pas, moins de "respectabilité" ...
Vous imaginez : je pense encore au plâtre. A mon sens, mieux vaut être chef d'une petite entreprise qui marche que bosser pour des bœufs qui vont vous dire que le client a raison, que ce bleu est vraiment trop "vibrant", en gagnant à peine de quoi vivre.
Le travail, je ne m'y fais pas. J'oublie toujours un truc, un machin. Ça fait pas crédible. C'est pas comme ça que je vais gagner plus. On n'est pas tous égaux devant la mémoire. Je me souviens de tas de choses, mais je n'en suis jamais sûr. Pourtant à la Wii je me démerde bien !
Je veux gagner contre tout ça. Je ne sais pas trop comment faire. Faut que je me force. Encore.
07 mars 2008
Les racisses c'est mal
Et c'est con aussi. On nous en parlait beaucoup à l'école. Alors évidemment, on a tendance à se dire que tout le monde le sait. A fortiori les gens de nos générations - enfin la mienne - celle qui a vu sa prime enfance bercée par les manifs de Touche Pas à Mon Pote, qui trouvait trop cool l'autocollant (on ne parlait pas encore de "stickers") avec la main de Pif (un méchant communiste mangeur d'enfant) et qui a toujours vu Le Pen caricaturé partout (avec raison).
Aujourd'hui, je caricature les racisses régulièrement avec Bichette. On rigole bien parce que les comiques n'ont plus vraiment le droit de le faire. Sinon on dit qu'ils "sont de mauvais goût". C'est paradoxal.
Mais il y a peu, j'ai eu peur. Un ami m'a fait quelques réflexions peu fines et clairement racistes. C'est un ami, un vrai que je connais depuis longtemps. Pire, il a voulu les faire passer pour de l'humour. Je ne pense pas être lourd au point de ne pas comprendre le second degré. Mais bon. Est-ce moins un ami ? Je ne pense pas. Est-ce que ça me gêne ? Oui, résolument. Mais change-t-on les gens ?
En toute courtoisie bien sûr ...
29 février 2008
Nervement
Bon, là, ça peut plus durer. Y'en a marre. Je vais voir les Stereophonics ce soir. Tant mieux. Pays de Galles, évocations de pub et de bière britiche. Mais alors ça m'énerve ... Mais ça m'énerve ... Voilà l'insupportable : figurez vous que normalement j'avais offert ces places à mon frère, l'Ant'. Ah ça, je n'en avais quasi jamais parlé de mon frère. Eh bien il a 15 ans depuis octobre, il est grand, beau, intelligent (tout plus que moi) et d'une humilité qui me laisse pantois. L'horreur. La concurrence. Mais en fait, justement, y'en a pas, de concurrence. Alors que reste-t-il ? De la fierté, pardi ! Mais là où le bât blesse, c'est que les Stereophonics on devait y aller ensemble, et jumper le plus haut possible dans la fosse. Un peu sappés, un peu frime, un peu nerd. Et puis non. Mes parents ont estimé qu'il est encore trop jeune pour ces choses.
Allons, quoi ?! Va falloir attendre encore un ou deux ans pour jumper ?! J'aurai peut-être plus la santé, moi ! Plus l'envie ! J'aurai peut-être des gosses, du sérieux et de la morale à revendre ! Une calvitie ! Pris du poids ! Vous me voyez avec une bedaine sappé propre en train d'essayer de faire un stage jump et me faire rembarrer par les gars de la sécu(rité) ?! J'aurais l'air de quoi ?! Et puis y'aura tous ces jeunes qui voudront pogoter, je vais prendre des gnons !
Merdrrre ! En attendant, heureusement, Bichette vient. Tant mieux, j'aurais eu l'air d'un con tout seul à jumper ...
20 février 2008
Cuir et caoutchouc
Depuis trois jours, je mets mes belles chaussures. Elles sont en cuir marron-fauve, à lacets et avec des motifs au boût. Il y a 3 types de personnes : ceux qui ont des semelles cuir, ceux qui ont des semelles caoutchouc et enfin ceux qui ont des semelles cuir et qui les renforcent par un morceau de caoutchouc pour éviter de les user trop vite. Avoir des semelles en caoutchouc et mettre un renfort en cuir ne me semble pas être une pratique très répandue. Je fais partie de la première catégorie, même si je n'en ai pas les moyens. C'est mal. D'aucun diront que je suis un frimeur. Non. Enfin si, un peu, mais vraiment un tout petit peu. Un minuscule peu. D'autres le sont un gigantesque peu.
En réalité, si j'aime ma semelle en cuir, c'est avant tout parce qu'elle glisse. Glissades sur les parquets, sur le marbre (dans les cimetierres) ... Le cuir, c'est cool (et le thon, c'est bon). "Mais tu dois les user très rapidement ! ", "tu es fou ! ", "mon dieu, tout ces biftons foutus en l'air " ... Oui, mais je glisse. Et comme chacun sait, la glisse, c'est cool (sauf dans les salles de bain). Et puis ce n'est pas si compliqué : il suffit d'éviter les flaques, les gouttes et tout. Je prends le métro. Direct de chez oim à mon taff. Ca vous la coupe, hein ?
Evidemment, certains diront qu'il faut avoir connu les grands parquets cirés, ou les salons en marbre pour connaître ce plaisir. Eh bien non : nos gens de maison aussi. Le plaisir de la semelle cuir n'est donc pas réservé à une certaine élite. Ni même à une élite certaine.
Assez dégoisé. J'ai du travail.
15 février 2008
Chantiers
Aujourd'hui, j'ai peint. La pièce a absorbé de l'ordre de 3 couches de peinture. C'est la toile de verre. Ma patience est mise à rude épreuve. Je n'étais pas seul. D'habitude, je ressasse des tas de trucs. Je ne comprends pas vraiment pourquoi mais sitôt seul mes traumas reviennent. Des situations qui me font encore honte, au point que je n'en parle pas. Ce soir non plus d'ailleurs.
Je me prépare psychologiquement à bosser. En fait, je me prépare surtout au côté social du travail : dire bonjour, sourire, fumer des clopes avec les collègues ... Des tas de trucs que je ne sais pas vraiment faire naturellement. Tutoyer des inconnus, parler de la pluie et du beau temps, boire du café en disant qu'on en a besoin parce qu'on est débordé, "sous l'eau", éviter la politique. C'est pas là-bas que je vais raconter du Vuillemin.
Passons. Vous voulez du croustillant ? Vous voulez des histoires d'ex ? Je ne vous entends pas ! Bon, d'accord. Vous vous souvenez de la fille du train. Mais si, ma première fois. Je l'ai retrouvée. Elle vit loin. On a passé quelques heures dans un café. Je crois qu'on était un peu gêné. Elle a beaucoup changé. Pour tout dire, je crois qu'elle est homosexuelle. Je n'ai pas abordé le sujet de front, elle avait l'air suffisamment mal à l'aise. Et puis mon manque de subtilité a sa limite malgré tout : l'empathie. Sur le moment je dois avouer que ça ne m'a fait- ni chaud ni froid. J'étais très content de la revoir. Je suis d'ailleurs très content de l'avoir revue et j'espère la revoir. Mais le lendemain en plâtrant, j'ai flippé. Il ne s'agit pas du tout d'un "peut-être que c'est à cause " (j'aurais dit plutôt "grâce"), mais peur que le présent efface mon passé. C'est vrai, si on devient amis aujourd'hui, ne risque-t-on pas d'oublier - enfin pour elle je m'en fous un peu car c'est surtout MON souvenir - tout ce que j'ai pu noter dans mon blog (épisode II) ? Ma muse me faisant de plus en plus défaut, que vais-je devenir si je résous mes problèmes et que j'oublie jusqu'aux belles choses qui me sont arrivées pour ne vivre qu'au présent ? C'est déjà plus ou moins le cas de la politique...
Quid ?
12 février 2008
Retour
C'est fait. Je ne l'explique pas vraiment : à mes amis je dis que j'ai besoin d'écrire, que je perds la main, que de toute façon je n'avance pas mes autres projets écrits. A vous, j'avais terminé mon blog, le deuxième, en disant que merci, la thérapie était finie. Elle l'est. Mon dernier blog correspondait surtout à ma dernière année d'étude juste avant laquelle Ville est mort. Il y avait l'éloignement de Bichette, des tas de trucs.
Ce blog est un début. Comme d'habitude, j'ai des projets à la tonne dont peu se réaliseront. Mais pourtant j'ai bon espoir cette fois. Et d'une je viens de trouver un job. Et de deux en attendant j'ai fait du plâtre. Pour être clair, je rénove un studio pour une copine. Du sol au plafond. J'ai enduit (oint) les murs, je les ai plâtrés, je les ai fibrés. J'ai monté une cloison en carreaux de plâtre. J'ai bien avancé. Je vais terminer. Tout.
Je file aussi des cours à un gamin en difficulté le soir. Je vais devoir arrêter ou m'organiser. Ce n'est plus tellement une question de fric - j'en suis soulagé rien qu'en écrivant ces lignes - mais je crois que je me suis investi. Il y a énormément de boulot, en tout. En plus de suivre, il faut rattraper tout le retard, sur plusieurs années parfois. Mais je veux y arriver.
Je ne pense pas que je parlerai de politique même si je me laisse bien entendu toutes les libertés. Vous êtes ici chez vous. Faites comme chez moi.