Je viens de descendre un paquet de schtroumpfs. j'ai un peu mal au cœur mais la satisfaction de m'être envoyé frénétiquement des morceaux de caoutchouc mous dans la bouche. Il est assez tôt et je n'ai pas envie de faire grand chose. J'ai déjà passé suffisamment de temps sur Facebook.

Je ne vais pas partir bien tard. Prendre le tromé et rentrer à la casbah. pour continuer à ne rien faire. J'espère qu'il y aura encore Naruto ou Nana à la télé. C'est pas ce soir que je vais bouquiner ...

Comme ça fait des jours, des semaines, des mois en fait qu'on passe notre temps à bouffer-picoler avec Bichette, on va peut-être réussir à se donner bonne conscience et à bouffer de la soupe en tétrapak. Heureusement que les beaux jours arrivent : on va pouvoir recommencer à offrir de magnifiques marges sur les salades aux distributeurs.

Juste pour le plaisir du vice, le calcul : achat de la salade au producteur = 10cts. Revente de la salade au consommateur final = 1,75€. Admettons que ma salade coûte plus en transport que son prix d'achat, ne serait-ce que 5 fois plus, soit 50cts. On obtient : 50+10 = 60cts. +20% de TVA = 60x1,20= 72cts. Les gens autour, le coût de l'exposition en grande surface ramené à ma salade : 72+50 = 1,22€
53cts de marge par salade. Et je n'y connais rien. Je suspecte fortement les coûts d'être bien inférieurs.

C'est un peu gerbant parce que ça fait crever les paysans, mais elle sera super-bonne ma salade cet été. Surtout avec du thon teriaki ! Des bons aliments, bien sains ! Peut-être que le commerce équitable devrait commencer en France.

Je commence à sombrer dans la boboïsation. C'est probablement que je n'ai plus grand chose à dire. Chaque jour je m'épate un peu plus d'évidences. Je ne sais pas si c'est le manque d'activité intellectuelle, mes positions gauchisantes ou mon déclin naturel qui commence, mes neurones qui claquent comme de vieilles ampoules par milliers. Je me révolte doucement dans mon salon et s'il y avait un napperon sur la télé je le remettrais en place. Je ne voyage toujours pas, je m'en fais toujours pour un oui ou un non sans chercher à vivre au présent, sauf lorsque je vais me bourrer la gueule au restau avec les copains. Attention, on n'est pas des alcos : on picole que du moyen, pas du mauvais.

Tout ça je le détestais petit et ado. Je le méprise plus ou moins aujourd'hui mais j'y trouve un certain confort. La médiocrité est confortable. "Par rapport à qui ? Qui te trouve médiocre ?" Personne. Moi. Mes vieilles aspirations. Mes vieilles ambitions qui reviennent user ce qui reste à user.

Comme je n'ai plus rien à dire, plus rien à révolter, comme plus grand chose ne me révolte, je n'ai plus grand chose à écrire qui ne soit pas banal. C'est ce que je déteste le plus. " Ouh la la, je détesteu dreulement êtreu banal ! La banalité, c'est nuuuuuul ! "

Paradoxalement j'en arrive à trouver ridicule de chercher des choses contre lesquelles s'élever. J'accepte. Mes ambitions veulent détester pour exister. Je regrette juste de ne plus en avoir.